La Marseillaise mardi 1er août 2006

Le lion a rougit ! Poésie caustique et mots en Rafale
lundi 21 août 2006.

Celui là, c’est sûr qu’il reviendra un de ces quatre sur la grande scène ! Matthieu Côte a dépassé l’attente qu’on avait de lui, hier après-midi au lion d’or. Victoire de « vive la reprise 2006 » déjà c’est une carte de visite, on savait qu’il fallait y aller voir. Et la surprise fut au-delà de l’espoir que l’on en avait. D’une poésie sans gratuité, Matthieu Côte vous déverse un flot des pires infamies avec un sourire de petit garçon sage et de grands yeux innocents. Véritables moulins à paroles, ses chansons tirent dans le tas. La diction est parfaite même si le batteur ne comprend pas tout « mais c’est vrai que c’est un batteur ». Le texte est précis, puissant, sans affectation. Ses musiciens, aussi jeunes que lui réconcilient jazz et valse. Un pianiste, un bassiste contrebassiste, un batteur et Matthieu à la clarinette et à la guitare. Des cascades de notes accompagnent le délire verbal du chanteur quand le ton est à l’humour. Mais les instruments savent laisser place à la voix quand le texte est plus grave. Une poésie souvent douloureuse, une douceur lucide sans la moindre place pour la mièvrerie. Rien de commun et pourtant, allez savoir pourquoi, on ne peut s’empêcher de penser à Leprest. Un Leprest de la génération des Bénabar. Ce spectacle de Matthieu côte, c’est de l’or brut. Il y déjà tout dedans, il n’a plus maintenant qu’à en tirer un a un les fils de son art.. Bien sûr (heureusement !) Matthieu trahit encore par moment un manque d’assurance dû à son inexpérience. Mais il corrigera vite cela s’il continue à travailler aussi bien, lui le soi-disant potache.

Isabelle Jouve