A Fleur De Mot par Roland G. Bougain

samedi 21 mai 2005.

Matthieu côte est un mécréant.

Un auteur compositeur interprète qui dit, chante des mots, des gros mots. Mais, à sa défense, ce sont des mots (gros) que l’on trouve dans n’importe quel dictionnaire de la langue française. Gros mots, petit Robert...Matthieu côte est un farfadet qui bondit, gigote sur scène. C’est un garçon qui bouge bien. C’est un farfadet avec des lunettes et une clarinette (à la main et/ ou à la bouche). Pas de Pan, la flûte, même si de ce dieu il possède les petits pieds fourchus lui permettant de poursuivre et lutiner les filles. Et toujours à se titiller l’instrument...Sacré gaillard qui jongle avec l’ironie comme d’autres les assiettes chinoises. Dans ses chansons, l’humour est souvent présent. Là. Pas sous-jacent. Direct. Pas au premier degré. De l’humour comme chez les grands. Les grands auteurs. De la graine de vedette. Non pas la marque de machine à laver... De la graine de talent d’où va germer son futur artistique.

Matthieu côte aime aussi les étudiantes. Mais aussi les autres filles. Matthieu côte nous raconte, nous narre, nous parle, nous chante des histoires de quéquette, une histoire de quéquettes. De l’écriture recto-verso (voir, écouter la chanson le rêve américain). Ce garçon a sa libido chevillée au corps. A fleur de peau(x). Matthieu nous fait voyager. De Lyon à Liège. Et réciproquement. Matthieu Côte se prend pour Vincent Delerm. Mais ça ne dure pas longtemps. Et c’est pour de rire . C’est pas pour de vrai. Le poète a écrit : « On est pas sérieux quand on a 17 ans ». Et une décennie plus tard ? On a droit ? Y a-t-il un âge, une heure pour tuer ses rêves d’enfants ? Mais il n’y a pas que la gaudriole dans la vie. Matthieu sait aussi se faire grave, tendre. Il manie avec aisance passé « potache », présent « liège » et future « tendre ». Certains thèmes abordés, l’écriture, font penser à Georges Chelon. Mais lorsque Matthieu côte quitte son costume de Peter Pan pervers, la fée clochette se sent moite...Allez, Matthieu, continue de lutiner ta muse...pour son plus grand plaisir, le tien et aussi le nôtre. Continue de butiner les mots. Quelquefois, il s’empoigne la guitare pour lui astiquer le manche. Alors sa clarinette se sent délaissée...