La Montagne, mercredi 8 novembre 2006

jeudi 16 novembre 2006.

« Il faut rire au moins une fois par jour » préconisent certains thérapeutes. Eh bien, hier soir, à Sémaphore en chanson, le public en a pris pour la semaine ! Même loin des bancs de la fac, on peut encore rêver avec quelques ritournelles ou blagues estudiantines. Et Matthieu Côte ne s’en prive pas. Cette période, dont il semble si proche, il en a l’âge et le profil : insouciant, intrépide et gouailleur volubile. A la seule différence, que si ses cours sont passés de vie à trépas, sa mémoire pour la chanson truculente ne lui fait pas défaut. « Y parait que les filles aiment les mauvais garçons. Pardon, chérie, de ne pas être original ». Souvent, ça démarre comme du Trénet. Les mots confectionnent alors un chapelet de belle facture que ce jeune auteur-compositeur lyonnais enveloppe d’un ton enjoué. Monté sur ressorts, il semble aussi à l’aise sur scène que s’il répétait dans sa chambre, bondissant sur son matelas reconverti en trampoline. Mais le souffle reste au rendez-vous, pour mieux servir des textes fouillés, crus et goguenards. Cet humour sans détour lui vaut déjà quelques petites récompenses de la profession et du public. Comment ne pas en pincer pour « Marguerite », sa vachette volante ou pour « Cédric le scout », tête de Turc de toute la troupe, lequel terminera la bite au cirage, face à l’hilarité ou l’indifférence. Même sensation avec la délicieuse « étudiante en lettres » qui, du point de vue du paraitre, s’y connait et dont tous sont amoureux sans le lui dire. Du décapant au mélancolique, Matthieu Côte défait les mailles de la vie et du quotidien sans faire de pelote. Juste en déroulant son esprit caustique au service de textes bien ficelés.

Guy Lemaitre