Chorus N°58 hiver 2006-2007 Portrait

Matthieu Côte - Le potache est servi !
jeudi 11 janvier 2007.
Matthieu Côte - Le potache est servi ! Une espèce de zigoto à lunettes, bras et jambe en mouvement, la clarinette jamais loin, occupe la scène... Gesticulant avec grâce, la voix bien placée, la libido aussi, sous des dehors de gamin espiègle se dévoile peu à peu un artiste précis et talentueux. La chanson n’est pas pour lui un métier, mais une seconde nature. Depuis sa naissance, à Lyon en 1979, il baigne dedans. Il chante en chorale dès la maternelle, s’initie à la clarinette à dix ans, puis écrit ses premières chansons à 15 ans. La guitare, les feux de camps... Il se partage alors entre les études et les groupes successifs de rock alternatif et de chansons festives. Il monte même un collectif - les Choeurs de l’Armée du Rouge - qui crée une comédie musicale du même tonneau ! "Ça apprend la vie, les groupes. La musique aussi, le rythme, ça aiguise le sens critique. Et ça apprend l’amour aussi ! Enfin, c’est très important pour moi quoi !" Ses chansons, en effet, sont peuplées de jeunes filles en fleur qu’il aime, qu’il aimerait aimer ou qu’il égratigne avec une rare férocité humoristique, façon Brel. Facéties et légèreté ne sont pas incompatibles avec le travail du chant et de la clarinette à l’Ecole de musique de Villeurbanne où il rencontre Pierre Fayet qui va devenir son pianiste complice. Après des reprises de Nougaro, Brel ou Jonasz, Matthieu écrit ses propores chansons et tourne dans le lyonnais et au-delà, parfois à deux mais aussi à quatre avec piano, batterie, basse. "Partout dans le monde, une bonne soirée se fait en chanson, c’est populaire, accessible...Et à mon avis, une chanson doit susciter une émotion, un rire, un sourire, une réflexion, un frisson, raconter une histoire". Les siennes obéissent à cette règle, avec une certaine grâce, souvent une touche d’humour ou de fantaisie s’ouvrant, mine de rien, sur des sentiers pas battus. Ce potache farfelu pourrait bien être un brin perfectionniste. Le Cd sorti cet automne, son premier album est finement orchestré avec un phrasé calé au métronome et une diction limpide. Les thèmes, frais et légers en apparence, font poindre en filigrane des questions pour demain. En attendant, il présente en spectacle enlevé qui part vite et se déroule de même, avec connivence et force clins d’oeil. A découvrir et à suivre de prés, assurément.